Après plusieurs années de croissance soutenue, les voitures hybrides rechargeables semblent marquer le pas sur le marché automobile français en 2025. Longtemps perçues comme un compromis idéal entre thermique et électrique, elles perdent aujourd’hui du terrain face à l’essor des véhicules 100 % électriques et des hybrides classiques.
Un marché en déclin malgré un bon démarrage
Les hybrides rechargeables (PHEV) ont connu un véritable boom entre 2020 et 2023, séduisant les conducteurs grâce à leur polyvalence : une conduite électrique en ville et un moteur thermique pour les longs trajets.
Cependant, les chiffres de 2025 révèlent un net recul. Selon les dernières statistiques, les ventes de PHEV ont chuté de 23 % par rapport à 2024, représentant désormais moins de 6 % des immatriculations de voitures neuves en France.
Cette baisse contraste avec la progression des véhicules 100 % électriques, qui atteignent 22 % du marché, et des hybrides non rechargeables, en hausse à 32 %.
Les constructeurs eux-mêmes réajustent leurs priorités. Volkswagen, Renault et Peugeot, autrefois fervents promoteurs des PHEV, réduisent désormais leur offre pour se concentrer sur des modèles entièrement électriques.
La fin des aides gouvernementales : un coup dur pour les PHEV
L’un des principaux facteurs expliquant le déclin des hybrides rechargeables est la réduction des aides gouvernementales.
Jusqu’en 2024, les acheteurs de PHEV bénéficiaient d’un bonus écologique pouvant aller jusqu’à 2 000 €, en plus d’une exonération partielle de la taxe sur les véhicules de société pour les professionnels.
Cependant, face à la montée en puissance des véhicules électriques et à la volonté d’accélérer la transition énergétique, le gouvernement a décidé de supprimer ces incitations pour les hybrides rechargeables en janvier 2025.
Désormais, seuls les véhicules 100 % électriques profitent de bonus pouvant atteindre 7 000 €, rendant les PHEV nettement moins compétitifs.
Des contraintes d’utilisation souvent sous-estimées
Au-delà des aspects financiers, les contraintes d’utilisation des hybrides rechargeables ont également freiné l’enthousiasme des consommateurs.
Pour tirer pleinement parti d’un PHEV, il faut recharger régulièrement la batterie, sous peine de voir la consommation augmenter en mode thermique.
Or, selon une étude récente, près de 40 % des utilisateurs ne rechargent pas leur véhicule quotidiennement, utilisant le moteur essence comme source principale.
Cette sous-utilisation de la partie électrique annule les avantages environnementaux promis, tout en augmentant le coût d’utilisation, notamment en carburant.
En outre, l’autonomie en mode électrique reste limitée : la majorité des modèles actuels offrent entre 50 et 80 km, insuffisants pour certains trajets périurbains.
Face à cela, les véhicules 100 % électriques avec des autonomies dépassant 400 km apparaissent comme une alternative plus attractive.
Les avancées des voitures électriques changent la donne
L’essor des véhicules électriques (BEV) contribue également à la perte de vitesse des hybrides rechargeables.
Les nouvelles générations de voitures électriques, comme la Renault Mégane E-Tech, la Peugeot e-3008 ou encore les modèles chinois de BYD, offrent désormais des autonomies comprises entre 400 et 600 km, tout en réduisant les temps de recharge.
Les innovations technologiques ont permis de démocratiser les bornes de recharge rapide, rendant l’utilisation des électriques plus pratique, même pour les longs trajets.
Recharger 80 % en 25 minutes sur autoroute est désormais courant, éliminant l’un des principaux freins à l’adoption du tout électrique.
De plus, les coûts d’entretien des véhicules électriques sont inférieurs à ceux des PHEV, ces derniers nécessitant l’entretien d’un moteur thermique et d’un bloc électrique, doublant les interventions potentielles.
Quels modèles résistent encore sur le marché ?
Malgré la baisse des ventes, certains modèles hybrides rechargeables continuent de séduire, notamment pour les conducteurs qui n’ont pas encore accès à une solution de recharge fiable à domicile.
Voici les modèles PHEV les plus populaires en 2025 :
- Peugeot 3008 Hybrid : toujours apprécié pour son confort et ses performances, avec 65 km d’autonomie électrique.
- Renault Austral E-Tech : combine un design moderne et une consommation maîtrisée.
- Toyota RAV4 PHEV : l’un des plus efficients, avec 80 km en mode électrique et une excellente fiabilité.
- BMW X1 xDrive30e : pour les amateurs de premium, avec 88 km d’autonomie électrique.
- Volvo XC60 Recharge : toujours plébiscité pour son confort et sa sécurité.
Cependant, même ces modèles souffrent face à leurs équivalents 100 % électriques, dont les prix deviennent de plus en plus compétitifs.
L’avenir des hybrides rechargeables : vers une disparition progressive ?
Face à ces évolutions, l’avenir des hybrides rechargeables semble incertain. Les constructeurs se tournent de plus en plus vers le tout électrique, en ligne avec les objectifs environnementaux fixés par l’Union européenne.
Les normes d’émissions plus strictes, comme l’objectif de zéro émission pour les voitures neuves en 2035, accélèrent cette transition.
Les PHEV, considérés comme une solution transitoire, pourraient progressivement disparaître au profit des électriques purs, dont les coûts continuent de baisser.
Néanmoins, pour certains profils d’automobilistes – notamment ceux effectuant des trajets mixtes sans accès quotidien à une borne – les hybrides rechargeables restent une solution viable, du moins à court terme.
En conclusion, si les PHEV ont joué un rôle clé dans la transition énergétique, leur déclin semble désormais inéluctable face à la montée en puissance des voitures 100 % électriques, plus simples, plus performantes et désormais plus accessibles.